
Pour
ce faire, les acteurs de cette valorisation convoquent des supports ou
des dispositifs tels que l’événementiel, les médias locaux, les TIC, le
management de projets et/ou le marketing territorial et équipent leurs
discours de légitimation de notions singulières présentées comme des
valeurs à savoir la recherche d’une authenticité et/ou un retour au
terroir. Tout se passe donc comme si le développement territorial était
maintenant inséparable d’une qualification d’« authentique » inhérente
aux lieux, aux produits, aux savoir-faire, aux objets artisanaux ou aux
sites touristiques. Dans le même temps, la diversification des
politiques de valorisation des patrimoines se confond de proche en
proche avec une logique commerciale. La communication publique et
territoriale est ainsi doublement sollicitée notamment via la communication touristique pour publiciser l’authenticité y compris dans sa dimension marchande.
Toutefois,
si la communication publique et territoriale est au coeur des
problématiques de développement et de valorisation des patrimoines, elle
reste souvent – au Maghreb notamment –, le parent pauvre des stratégies
et politiques de développement. L’objectif de ce colloque est
d’interroger les logiques et équipements de cette valorisation à l’aune
de cette notion aussi incertaine qu’instable : l’authenticité. Il
s’agira de montrer comment ce champ de l’authenticité produit des
dispositifs protéiformes combinant un processus de patrimonialisation,
une mise en récit, en image ou en espace, une diffusion des savoirs et
des stratégies d’acteurs locaux, des expositions ou encore des mises en
réseaux instrumentalisées par les technologies numériques. Le colloque
ambitionne ainsi de caractériser et d’analyser, à travers des
expériences de développement local, territorial et touristique, le rôle
accordé aux patrimoines et à l’authenticité à la fois comme objet et
support de communication.
Ce
colloque s’inscrit aussi dans la lignée des travaux du programme
euro-méditerranéen et pluridisciplinaire « Langages, Objets, Territoires
et Hospitalités »1 qui, dans le contexte précis du Maghreb, se sont
attachés à problématiser et à penser l’utilité, dans ces pays, d’une
émergence et d’une professionnalisation des métiers de la communication
publique et territoriale (Constantine, 2011 ; Rabat et Djerba, 2012 ;
Gabès et Bejaïa, 2013). L’ensemble de ces travaux et résultats forme
dorénavant un des axes de L’observatoire de la circulation des savoirs en Méditerranée qui développe des recherches avant tout vers le Maghreb et qui a été initié depuis 2013 au sein du laboratoire Information, milieux, médias, médiations (I3M) Nice et Toulon.
Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les trois axes suivants
A. Politiques institutionnelles et valorisation des patrimoines
À
partir de recherches et études de cas portant sur le bassin
méditerranéen, les communications peuvent cibler à la fois une analyse
de la vision institutionnelle des patrimoines dans le cadre des
programmes et plans de développement touristique, culturel et agricole
ou s’intéresser à la déclinaison de ces derniers sur le terrain en
insistant sur les résultats des actions de valorisation et les
difficultés rencontrées. En effet, les différents acteurs du
développement impliqués dans la valorisation des patrimoines buttent sur
des contraintes locales liées à leurs propres perceptions/ traductions
de ce qui ou devrait être qualifié d’authentique, mais aussi sur des
situations inédites ou sociales comme les contextes
postrévolutionnaires, l’analphabétisme, la non maîtrise des technologies
numériques, les tensions émanant du collectif ou encore des situations
environnementales comme l’aridité, la désertification, etc. Cet axe peut
également analyser et sérier le rôle des entreprises dans cette
valorisation des patrimoines, notamment dans le cadre de la
Responsabilité sociale des entreprises.
B. L’authenticité en communication
On
se centre ici sur l’analyse de projets de valorisation des patrimoines «
authentiques » et avec eux sur le rôle et les limites d’un marketing
territorial, des AGR (Activités Génératrices de Revenus), du tourisme
alternatif (agrotourisme, tourisme patrimonial et solidaire,
écotourisme…), de la commercialisation de l’artisanat et des produits de
terroir. La mise en oeuvre de ces « nouvelles » approches, dans
l’espace méditerranéen, permet de mettre en tension les démarches de
valorisation poursuivies par les acteurs du développement territorial et
les formes et intentions de communication qu’ils privilégient :
communication événementielle, médias traditionnels, publicité, Internet,
réseaux sociaux… In fine comment définissent-ils, par elles,
l’authenticité des sites touristiques, des savoir-faire, des pratiques
culturelles, des produits du terroir ; quelles sont les
marques/marqueurs d’authenticité présentes dans les stratégies de
communication, les lieux et les événements (depuis les structures
d’accueil touristique, l’activité muséale, les rénovations
architecturales, les événements culturels, les labels territoriaux, les
classifications des sites comme celle opérée par l’UNESCO ou leurs mises
en récit ou en images dans les guides ou autres outils de médiation
territoriale en ligne).
C. Les pratiques de la communication dans les institutions chargées de valoriser les patrimoines
Dans
le souci d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens, les
politiques de développement des villes au Maghreb mettent en place des
systèmes d’information permettant une interopérabilité fluide entre les
différents acteurs. Toutefois, en dépit de l’intégration des
technologies numériques dans le développement des villes, les
institutions chargées de la valorisation des patrimoines peinent à se
défaire des lourdeurs organisationnelles héritées, d’une logique
cloisonnée, hiérarchique et bureaucratique. Cette réalité influe sur la
réalisation des actions de valorisation des patrimoines et entraîne des
déficits de confiance, des tensions entre acteurs de développement et
les citoyens. Dans le processus de valorisation des patrimoines, et pour
comprendre les objectifs d’un développement territorial au Maghreb, il
est nécessaire de repenser les stratégies de communication des
institutions sur un versant plus critique. Les propositions peuvent
alors porter sur des analyses de communications interne, externe, ou
institutionnelle des associations, des coopératives, des communes, des
délégations de tourisme et de la culture. Elles peuvent également porter
sur les mécanismes de traduction opérant entre acteurs et publics,
identifiant ainsi les apports et les limites d’une généralisation de
l’usage des technologies numériques.
CALENDRIER
11 juillet 2014 : date limite de réception des propositions de communication
1er septembre 2014 : réponse du comité scientifique
31 décembre 2014 : réception des textes définitifs
30 janvier 2015 : réponse du comité scientifique
15 mars 2015 : retours du comité scientifique aux contributeurs retenus pour les actes et publication du programme du colloque. Seules les communications des participant(e)s seront publiées.
Une sélection des meilleurs textes sera envoyée au comité scientifique de la Revue internationale Communiquer, revue de communication sociale et publique pour un dossier thématique.
MODALITÉS DE SOUMISSION
Les contributeurs sont invités à soumettre une proposition à l’adresse suivante :
Elle
sera évaluée en double aveugle. Elle comportera un résumé de 2500
signes en français ou en anglais présentant la problématique, l’objet
d’étude et la méthodologie, accompagné d’un titre, de cinq mots-clés et 3
à 5 références bibliographiques et du choix de l’axe thématique. Les
noms des auteur(e)s, leur fonction et rattachement institutionnel, ainsi
que leurs coordonnées complètes (mail, tél, fax et adresse postale)
doivent être rassemblés sur la première page.
COORDINATION SCIENTIFIQUE DU COLLOQUE
Abdellatif Ait Heda (Université Ibn Zohr, Maroc)
Vincent Meyer (Université Nice Sophia Antipolis, France
Comité Scientifique
Mohamed Ait Hamza (IRCAM, Maroc)
Françoise Albertini (Université de Corte, France)
Abderrahmane Amssider (Université Ibn Zohr, Maroc)
Ahmed Ben Hamouda (Institut supérieur de gestion de Tunis, Tunisie)
Moez Ben Messaoud (Université de la Manouba, Tunisie)
Leila Benlatrache (Université Mentouri Constantine 3, Algérie)
Françoise Bernard (Aix-Marseille université, France)
Jeanine Billet (ESC Pau, France)
Mohamed Bouchelkha (Université Ibn Zohr, Maroc)
Hafida Boulekbache (Université de Valenciennes, France)
Larbi Chouikha (Université de la Manouba, Tunisie)
Fathallah Daghmi, (Université de Poitiers, France)
Michel Durampart (Université de Toulon, France)
Mouna El Gaied (Université de Lorraine, France)
Amina Essaoussani (Université Ibn Zohr, Maroc)
Jamel Henchiri (Institut supérieur de gestion de Gabès, Tunisie)
Linda Idjéraoui-Ravez(Université Nice Sophia Antipolis, France)
Michèle Gellereau, (Université Lille 3, France)
Christian Le Moënne (Université Rennes 2, France)
Brahim Labari (Université Ibn Zohr, Maroc)
El Hassan Lemallem (École des sciences de l’information, Rabat, Maroc)
Maud Loireau (Institut de recherche pour le développement, France)
Catherine Loneux (Université Rennes 2, France)
Leila Maziane (Université Hassan II Casablanca, Maroc)
Soumiya Mekkaoui (Université Ibn Zohr, Maroc)
Aissa Merah (Université de Béjaia, Algérie)
Pierre Molinier (Université Toulouse 2, France)
Pierre Morelli (Université de Lorraine, France)
Sihem Najar (Université de Tunis El Manar, Tunisie)
Ahmed Raqbi (Université Ibn Zohr, Maroc)
Paul Rasse (Université Nice Sophia Antipolis, France)
Aziz Sair (Université Ibn Zohr, Maroc)
Mongi Sghaïer (Institut des régions arides, Tunisie)
Mohamed Sguenfel(Université Ibn Zohr, Maroc)
Nozha Smati (Université Lille 3, France)
Gabriela Tigu (Académie des études économiques, Bucarest, Roumanie)
Farid Toumi (Université Ibn Zohr, Maroc)
Fredj Zamit (Université Rennes 1)
Hayat Zerouali (École des sciences de l’information, Rabat, Maroc)
Comité d’organisation
Abdellatif Ait Heda (Université Ibn Zohr, Maroc)
Mohamed Ali Ben Abed (Institut des régions arides, Tunisie)
Ouafae Bouchaf (Université Nice Sophia Antipolis, France)
Mohammed Chahid (MATI Cabinet Conseil,Université Blaise Pascal, France)
Mouna El Gaied (Université de Lorraine, France)
Mohamed Amine El Mahfoudi (Université Nice Sophia Antipolis, France)
Abderazzak Kaaya (Faculté Polydisciplinaire de Taroudant)
Dominique Mégard (CAP’COM, France)
Vincent Meyer (Université Nice Sophia Antipolis, France)
Fatima Zahra Oufara (IRCAM, Maroc)
Nozha Smati (Université Lille 3, France)
Hayat Zerouali (École des sciences de l’information, Rabat, Maroc)
Les étudiant(e)s du master Planification et gestion touristique de l’ENCG d’Agadir
CONTACTS ET INFORMATIONS PRATIQUES :
Lieu du colloque : Faculté polydisciplinaire de Taroudant : http://www.fpt.ac.ma/
Les
frais d’inscription et de participation seront à régler pour le 15 mars
2015 ; ils comprendront l’hébergement et la restauration du 21 au 23
avril 2015
Site du colloque : http://loth.hypotheses.org/colloque-taroudant-21-23-avril-2015
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